Coronavirus et télétravail, une simple parenthèse dans le monde de l’entreprise, ou véritable tournant ?

Depuis le 16 mars 2020, date du confinement lié à la crise sanitaire du Covid-19, le télétravail a été plébiscité par de nombreuses entreprises à la suite des annonces du Président de la République. Si pour certains, ce mode de fonctionnement existait déjà, pour beaucoup cette méthode a été une véritable nouveauté dans cette ampleur.

 

Des pours et des contres

Pendant plus de 2 mois, dans les secteurs où le télétravail est possible, ce mode de fonctionnement très en vogue a été l’occasion pour bon nombre d’entreprise de le populariser à plus grande échelle, dans une mesure jamais rencontrée auparavant.

La numérisation aidant, ce mode n’étant que peu pensable sans les outils informatiques d’aujourd’hui, le télétravail a été possible pour beaucoup à grande échelle. Si les débats existaient déjà avant, ils se sont popularisés. Les pros, arguant la diminution des transports, les économies en frais de mission, l’amélioration de la qualité de vie au travail des salariés, le management basé sur la confiance et la responsabilisation, la réduction des coûts par le partage des bureaux, l’amélioration du bilan carbone ou encore la protection des terres encore non construites en diminuant la surface des bureaux. Les contres, qui voient ce mode de travail comme une suppression de la barrière vie privée / vie publique, plus difficile à suivre pour les managers, sujet au burnout, et ne permettant pas de lien social entre les employés.

 

Télétravail forcé, loin d’être néfaste

Au final, peu importe son camp, la période que nous avons traversé a été pour beaucoup l’occasion de tester cette méthode de travail, qu’on le veuille ou non. Une sorte de test grandeur nature. Mais qu’en ressort-on ?

People Vox a collaboré avec des entreprises soucieuses de connaitre l’avis de leurs employés suite au confinement, de prendre le pouls à la fois sur la santé mentale, l’organisation du travail, et les volontés pour le futur. Les premiers chiffres tendent à montrer que certaines thématiques n’ont pas été impactées par le télétravail permanent. Plus de 5000 salariés ont été sondés, dans des entreprises de tous secteurs. La communication entre les équipes n’ayant jamais été aussi forte à travers les différents canaux (téléphone, messagerie, conférences vidéos). Les collaborateurs estiment majoritairement que leur productivité a augmenté ou est restée stable par rapport au pré-confinement (94%).

La souplesse des horaires, le calme, l’absence de perte de temps dans les transports pour les entreprises situées dans les grandes villes et en région parisienne prônent effectivement en faveur de cette efficacité. L’autonomie, les responsabilisations sont également des points soulevés par les répondants, pour qui le futur de leur entreprise passe par une volonté de se réorganiser.

 

Mais qu’en est-il de la suite ?

Cet épisode n’est-il qu’une parenthèse dans le mode de fonctionnement ou la genèse d’une révolution du monde du travail ? Comment annoncer le retour au bureau pour la majorité d’employés qui semblent apprécier ce mode de fonctionnement ? Aura-t-on un retour massif dans les open-space ou bien alors une généralisation du télétravail ? Ou une sorte de modèle hybride, avec des employés qui viendraient un jour sur deux ? par équipe ? sur la base du volontariat ? People Vox se propose d’accompagner les entreprises dans leur volonté de s’adapter aux nouvelles normes qui se profilent avec des enquêtes poussées à l’écoute des collaborateurs.

 

Une chose est sûre, c’est que nous sommes à un tournant du modèle classique qui prédominait jusqu’alors, il sera alors curieux de savoir quelles entreprises vont prendre ce virage et lesquelles vont rester figées dans l’ancien modèle. Et surtout d’observer leur évolution au cours des prochains mois et des prochaines années, que ce soit en termes financiers, de culture d’entreprise, de communication interne et de qualité de vie au travail



Simon Roux
Auteur : Simon Roux
Après avoir validé un Master Statistiques et Économétrie à la Toulouse School of Economics de Monsieur Jean Tirole, Prix Nobel d’Economie, et un Magistère d’Économiste-Statisticien, Simon a intégré en 2014 notre équipe d’analystes, fort de son bagage en analyse statistique. Simon occupe aujourd'hui le poste de Consultant Senior.