Manager la génération Y : entre clichés et réalité

Ils ont entre 20 et 30 ans, sont considérés comme zappeurs, indifférents, hyper-connectés. Ils représentent un vrai défi pour des managers qui peinent parfois à les comprendre. Entre les clichés et la réalité, quelles sont les aspirations de la génération Y et comment la manager ?

Source : http://pme.lefigaro.fr/manager/manager-la-generation-y_a-180-4757.html#xtor=AD-4

Selon une étude BVA pour BPI Group*, leurs aînés jugent cette génération immature, individualiste et paresseuse. Cependant, ces mêmes seniors les disent volontaires, ambitieux et motivés. On nage en plein paradoxe, preuve d’un réel désarroi de la part des plus de 30 ans. Quand on prend un peu de recul, on comprend que les attentes de ces jeunes n’ont pourtant rien d’exceptionnelles.

Ils veulent des missions

Ils recherchent un travail qui ait du sens. Ainsi, ce patron d’une petite PME a instauré un point « communication » de 15 minutes tous les lundis avec tous ses collaborateurs. S’il n’y a pas d’actualité, le rendez-vous prend 5 minutes. Les salariés peuvent poser des questions, mettre un sujet à l’ordre du jour, parler des difficultés qu’ils rencontrent (organisation, produit, etc.). Ils ont le sentiment de participer plus directement au développement du chiffre d’affaires de l’entreprise.

Ils sont ainsi informés des bonnes nouvelles (gains de parts de marché, développement à l’international…) comme des problèmes s’il y en a. Ils savent pourquoi ils doivent faire des efforts et sont beaucoup plus impliqués. Conclusion : soyez le plus transparent possible, n’hésitez pas à partager, communiquer, expliquer les enjeux.

Les Y veulent que leur manager les aide à développer leur autonomie. Dans un premier temps, pensez à l’organisation du travail. Laissez-leur une marge de manoeuvre dans les choix et l’ordre des tâches, dans le mode de réalisation, dans certaines décisions de gestion courante du travail.

Plutôt que de l’exécution, confiez-leur des missions, avec des objectifs clairs et donnez-leur peu à peu davantage de responsabilités. Expliquez-leur la finalité de ce qu’ils font. Vous leur montrerez ainsi que vous leur faites confiance, ils adorent ça.

Ils recherchent de la reconnaissance et un management collaboratif

Ils attendent de la reconnaissance. Donnez-leur un retour régulier et constructif sur ce qu’ils font. Lors de ces feedback, encouragez-les, expliquez-leur ce que vous appréciez dans leur travail et parlez des points à améliorer. Ces jeunes ne sont pas contre la hiérarchie si elle repose sur la base de compétences prouvées et reconnues. Ainsi, en cas de désaccord avec leur management direct sur une orientation, sur une proposition d’innovation, le manager doit prendre le temps de l’expliquer et leur montrer de la considération.

Ils sont impatients, détestent la routine, ont tendance à penser qu’ils ont fait le tour d’un poste en 18 mois. Ils veulent très vite de la visibilité sur leur parcours et leur évolution potentielle. Dès l’entretien d’embauche, parlez-leur des trajectoires possibles au sein de l’entreprise. Donnez des exemples réels de collaborateurs entrés au même niveau qu’eux et qui ont progressé. Précisez aussi ce que cela implique en termes d’implication, d’efforts, d’objectifs à atteindre et de résultats.

Ils adorent travailler en groupe

Ils aiment échanger, travailler en groupe et acceptent les conseils. Pensez au « mentoring ». Les grands cabinets d’audit y recourent fréquemment : un senior sans lien hiérarchique avec un junior le rencontre régulièrement, répond à ses questions, fait le point sur son parcours, son orientation, ses attentes…

L’équilibre vie privée et professionnelle est important. Cela ne veut pas dire qu’ils ne s’impliquent pas, mais qu’ils le font différemment. Par exemple, dans cette PME avec une culture forte du résultat, les collaborateurs peuvent s’absenter une demi-journée si le travail est fait, ou rester parfois jusqu’à 23h pour terminer un projet. La relation est basée sur la confiance, la responsabilité donnée à chacun, tout en étant rigoureux dans le travail.

Ils sont hyper connectés. Ne soyez pas étonnés s’ils mélangent privé et professionnel, mais posez des limites. Dites-leur clairement quand ils ne peuvent pas faire intervenir le privé dans l’entreprise : en réunion, dans le travail de groupe, quand ils sont sur une urgence…

La bonne ambiance de travail est primordiale

Les Y placent l’ambiance de travail avant la carrière et la rémunération. Il peut s’agir de choses très simples, comme se dire bonjour avec le sourire le matin, respecter ses collaborateurs, montrer un certain optimisme… Ce manager a pris l’habitude de déjeuner avec son équipe au moins une fois par semaine. Il « prend le pouls » des collaborateurs, dans un contexte détendu. Dans cette société, le coin machine à café a été réaménagé. Le lieu est coloré, confortable mais pas trop, pour que les salariés s’y retrouvent avec plaisir sans y passer des heures. La PME a aussi sommairement aménagé la terrasse où certaines réunions peuvent se tenir. Autre avantage, des personnes qui ne travaillent pas forcément ensemble apprennent à se connaître.

* Les jeunes et le monde du travail : choc de génération ou passage de témoin ?



Auteur : Thibault Bordeaux
Fondateur et Directeur général de la société People Vox depuis février 2011.10 années d’expérience dans le domaine des études auprès d'entreprises et d'institutions publiques.Spécialiste des questions tournant autour de la méthodologie statistique, de la théorie des sondages et de l’analyse statistique de données, il a développé dans le temps une large d'expertise autour de l'analyse de l'opinion (voix des collaborateurs dans les entreprises, voix des clients...), et gère actuellement le développement de People Vox et dirige une partie des études réalisées.